L'Epad c'est 3,3 millions de mètres carrés de bureaux, 2.500 entreprises et 150.000 emplois : le quartier de la Défense, situé au nord-ouest de Paris
abrite les sièges sociaux de nombre d'entreprises du CAC 40. Il est
sorti de terre à l'initiative du général de Gaulle, qui, en 1958,
décide d'aménager le vaste espace s'étendant après les Champs-Elysées,
entre les communes de Neuilly, Puteaux et Courbevoie. Pour ce faire, il
crée un Etablissement public chargé d'aménager ce quartier, baptisé la
Défense. L'Epad est né.
Quel est son rôle ?
Dans
la zone de la Défense, décrétée «opération d'intérêt national», l'Etat
délivre lui-même les autorisations de construire. Tel est l'essentiel
de l'activité de l'Epad, qui se charge des études d'urbanisme et de la
vente des droits à construire, par laquelle elle se finance. Elle a
également la haute main sur l'aménagement des infrastructures du
quartier. Son budget avoisine cette année les 115 millions d'euros.
L'Epad
doit fusionner début 2010 avec l'Epasa (Etablissement Public Seine
Arche à Nanterre), chargé d'aménager 320 hectares à Nanterre. Le nouvel
établissement, l'Epadsa (Etablissement public d'aménagement de la
Défense Seine-Arche) aura en charge, outre les 160 hectares originaux
et les 320 de Nanterre, près de 300 autres situés entre cette dernière
et La Garenne-Colombes. Au total, plus de 770 hectares.
Comment sont désignés les dirigeants de l'Epad ?
Le décret en date 9 septembre 1958 qui
fonde l'Epad en précise la répartition des pouvoirs. Elle est double :
d'une part, un directeur général se charge de la partie exécutive. Il
est nommé par arrêté ministériel. Depuis le 1er octobre 2008, c'est Philippe Chaix,
ancien conseiller de Paris et ancien secrétaire général de la
Préfecture des Hauts-de-Seine, qui assure cette fonction. le directeur
général est nommé par décret par l'Etat.
L'autre instance
décisionnaire de l'Epad, c'est son conseil d'administration, composé de
18 membres nommés pour moitié par l'Etat et pour l'autre par les
collectivités locales. Parmi ces derniers, un représente la ville de
Paris, trois les communes de Nanterre, Courbevoie et Puteaux ; un autre
le Syndicat des transports d'Ile-de-France ; un la chambre de commerce
et d'Industrie de Paris et un la région Ile-de-France.
Restent
deux représentants du département des Hauts-de-Seine, désignés par le
conseil général. Ce devrait être le cas de Jean Sarkozy, qui attend la
démission d'un administrateur déjà en poste, Hervé Marseille, maire de Meudon. Ironie du sort, Hervé Marseille était aussi en lice pour la présidence du groupe UMP au Conseil général des Hauts-de-Seine, mais les conseillers lui ont préféré... Jean Sarkozy.
Ce conseil d'administration élit en son sein un président. Sur RTL, mardi,
François Fillon a affirmé : «Le président de l'Epad est élu et choisi
-c'est la loi qui le dit- parmi les élus du conseil général des
Hauts-de-Seine.» Ce qui est faux. Selon le décret du 9 décembre 1958,
«le président du conseil d'administration est élu par le conseil
d'administration», sans plus de précision.
Qui a vraiment le pouvoir au sein de l'Epad ?
C'est
le conseil d'administration qui détermine le budget et la stratégie de
développement de la zone, et qui décide des opérations à entreprendre
ainsi que des conditions de leur financement. Le président du conseil
d'administration convoque les réunions du conseil d'administration et
il a d'une voix prépondérante en cas d'égalité lors d'un vote du
conseil. Il bénéficie donc surtout d'une certaine visibilité,
stratégique pour un élu local. Nicolas Sarkozy le sait, puisqu'il a présidé ce conseil du 1er avril 2005 à décembre 2006.
Le
directeur général exécutif est chargé de gérer l'établissement au
quotidien et de mettre en œuvre opérationnelle des décisions du conseil
d'administration prises en accord avec l'Etat.
Depuis septembre
2007, c'était Patrick Devedjian, président du conseil général et
ministre en charge de la Relance, qui présidait le conseil
d'administration de l'Epad. Mais il a atteint la limite d'âge de 65
ans. Selon les informations du Figaro, Matignon s'apprêtait à signer un
décret prorogeant son mandat, mais l'Elysée a demandé qu'il n'en soit
rien.
Source "le figaro"
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